Par Océanne Houle

J’avais dix-neuf ans lorsque j’ai quitté la petite ville franco-canadienne où j’ai grandi, à l’est d’Ottawa, pour vivre à l’étranger.
À l’époque, je pensais déjà savoir à quoi ma vie allait ressembler : m’installer à Montréal pour aller à l’université, obtenir mon diplôme, trouver un emploi stable, puis revenir un jour dans ma ville natale. Mais peu à peu, j’ai réalisé que ce chemin-là ne me ressemblait pas vraiment.
Je n’arrêtais pas de penser à l’Écosse.

Les montagnes. La mer. Cette impression que j’avais ressentie lors de mon voyage l’année précédente — celle d’être plus vivante que jamais. Je n’arrivais pas à me sortir ça de la tête.
J’ai donc fini par arrêter d’essayer de me convaincre de rester dans ma zone de confort et j’ai commencé les démarches pour obtenir un visa.
Quelques mois plus tard, je me retrouvais seule à bord d’un avion, sans véritable plan à long terme, en route vers un pays où je ne connaissais presque personne. C’était terrifiant. C’était exaltant. Et pourtant, pour la première fois depuis longtemps, j’avais l’impression d’avoir fait le bon choix.
À mon arrivée en Écosse, tout me paraissait irréel. Je me suis réveillée dans un petit village entouré de brume, de vieux bâtiments en pierre et de gens dont je comprenais à peine l’accent.
Je me souviens d’être restée assise seule dans un café, le premier matin, à me demander : est-ce que je viens vraiment de faire ça?

L’inconnu devient plus naturel
Il y a eu des moments de solitude. Des moments où ma famille me manquait. Des moments où je remettais tout en question et où je me demandais si je ne devrais pas rentrer au Canada.
Mais, petit à petit, je me suis habituée à la vie en Écosse. Tout continuait de me sembler différent, mais ce qui m’était étranger au début faisait de plus en plus partie de mon quotidien.
J’ai trouvé un emploi. J’ai rencontré des gens. J’ai exploré les Highlands toute seule. J’ai appris à me construire une vie à partir de zéro.
Avec le temps, je me suis créé un entourage : des collègues, des colocataires, des amis rencontrés au pub du coin, des personnes qui sont peu à peu devenues une deuxième famille. Sans même m’en rendre compte, ce qui m’avait d’abord paru intimidant était devenu tout à fait normal.

En chemin, j’ai changé moi aussi
Vivre à l’étranger m’a obligée à devenir indépendante d’une façon que je n’aurais jamais imaginée. J’ai découvert que j’étais beaucoup plus forte que je le pensais. J’ai appris à me faire confiance. J’ai aussi compris que grandir, ce n’est pas toujours confortable, mais c’est souvent nécessaire.
L’un de mes souvenirs les plus marquants, c’est une randonnée que j’ai faite seule dans les Highlands. Arrivée au sommet, sans personne autour de moi, j’ai réalisé que je n’avais jamais été aussi heureuse de toute ma vie.
Pas parce que tout était parfait.
Mais parce que, pour la première fois, je me sentais vraiment en harmonie avec moi-même et avec la vie que j’étais en train de construire.

Ce que vivre à l’étranger m’a vraiment appris
Ça ne veut pas dire que partir vivre à l’étranger règle tout comme par magie. Pas du tout. La vie à l’étranger, ça reste la vraie vie : le travail, les factures, la routine, les journées plus difficiles et les périodes d’incertitude.
Mais ça permet aussi de voir les choses autrement.
On découvre ce qui compte vraiment lorsque tous nos repères disparaissent.
On découvre aussi qui l’on est quand personne autour de nous ne nous connaît depuis toujours et ne s’attend à ce qu’on reste la même personne.

Mon meilleur conseil
Aujourd’hui, l’Écosse c’est chez moi. Le Canada le sera toujours aussi. Mais vivre à l’étranger m’a donné la chance de construire une vie qui me ressemble vraiment.
S’il y a une chose que je dirais à toute personne qui rêve de partir vivre à l’étranger, c’est celle-ci:
Tu n’as pas besoin d’avoir tout planifié avant de partir. Parfois, il faut simplement te faire assez confiance pour te lancer.

